Final Vanuatu vs NZélande

On écume les bars de Luganville en espérant trouver une pauvre petite télé.
Cathodique.
Noir et blanc.
Mais une télé qui rediffuse le match de la finale dont nous avions vu les demis, une semaine plus tôt à Port Vila.
Nous allons de déception en déception. Ici, la télévision est en panne, ici, on se fait refouler à l’entrée parce que nous ne sommes pas du « club », on traverse la ville dans tous les sens se faisant balader par les locaux qui décidément ne comprennent rien à notre demande.
Pour les langues, on nous a raconté que le primaire se faisait en bichlamar, l’équivalent du collège en anglais ou français et le lycée, s’il y a , dans l’idiome que vous n’aviez pas au collège entre français et anglais bien sûr. Mais ce reste de colonisation se perd et on le sent bien quand on interroge les gens.
Les vieillards sont les plus à même de nous comprendre finalement, mais au final ne comprennent pas du tout. On nous envoie sur les stades de foot improvisés sur les pelouses.
Nous sommes sceptiques :
« – Un grand écran là-bas ? Vous êtes sûrs ? »
Et nous marchons, marchons encore sous le soleil qui cuit et en proie aux aiguilles qui tournent.
On finit par interroger chaque passant dans la rue, car étrangement plus l’heure arrive, plus les hommes disparaissent.
Nous sommes organisés, avec Greg nous avons chacun notre côté de trottoir pour interroger toute âme qui vive. On nous envoie dans tous les restaurants, les boutiques qui commencent à fermer. On sent bien que l’effervescence monte. J’ai une touche avec deux garçons, l’un deux passe un coup de fil à sa mère pour savoir si deux blancs-cass’ pouvaient venir squatter le salon. Mais il est gêné : ce dernier est en travaux.
Et Greg d’insister auprès du Chinois du coin qui finit par faire du forcing au bar du coin. Tout est une affaire d’angle…
« – Vous ne pouvez pas rentrer, il n’y a plus de chaises. »
« -Nous ne voulons pas de chaises, nous voulons voir le match ! »
Cet argument finit par être convainquant.
Nous entrons. La salle est peu éclairée. Debout, assis sur les tables, les chaises. Le bar est plein. On nous fait une place devant l’écran à une distance que peu d’ophtalmologistes conseilleraient.
Mais nous y sommes !
D’autres personnes continuent à entrer. Un p’tit vieux s’installe entre les gambettes du Picard.
La télé s’allume enfin. Un halo entoure les joueurs qui courent sur l’écran de mauvaise qualité. Le public retient son souffle quand l’image disparaît ou quand le son se volatilise. Comme au stade, entre chaque action, il règne un grand silence. La Nouvelle Zélande marque.
Puis le Vanuatu.
Les hommes sont fiers.
Et étonnés.
« -Vous n’êtes pas pour la Nouvelle Zélande ? »
« -Non pourquoi ? »
« -Vous êtes Blancs. »
Et bien non, le foot m’indiffère mais partager ces moments qui rallient les nations – peu importe au final le décorum : foot, danse, ou messe – c’est un petit bout de vos vies que nous dégustons avec vous.

Malheureusement, le Vanuatu a perdu. Les rues se remplissent de nouveau.
Nous partons faire les courses à l’unique magasin de la ville. Chinois bien sûr. Leur présence commerciale est très forte.
La lumière décline, il est temps de reprendre notre bateau.

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Notre petite île de Malo est toujours dans le même écrin protégé du monde. Ce soir, nous nous sommes donnés rendez-vous avec toute la famille dans la case du boulanger. Cuisiner chez les autres n’est jamais bien facile mais cuisiner dans une pièce-maison avec le strict minimum, avec des produits étranges, et des tas de regards curieux qui vous scrutent n’est pas une mince affaire.
Les enfants rient. Les femmes aussi. On prépare la pâte : de la farine, du sel et de l’eau. Et on dépose ce que nous avons bien pu trouver ? Un peu de viande, pas de fromage car il coûte le prix de la vache elle-même, des litchis…
-« Vous avez une plaque ? »
Il cuit le pain sur de la tôle ondulée . Va pour une pizza à la forme des vagues de l’île.
Ce mets n’est pas très français je vous l’accorde mais cela a le mérite d’être adaptable.
Des fils pendent dans la maison. Des prises. Je vais pourvoir continuer à vous photographier notre quotidien.
Les pizzas sont presque prêtes mais on vient pourtant nous voir avant :
« – Le repas est prêt. »
«- Ce n’est pas cuit encore.»
«- Non, non, ça on le mangera demain, pour le petit déjeuner.»
Coutume locale, nous disons nous.
On s’adapte et obtempère.

 

 

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LES BRAS M’EN TOMBENT

LES BRAS M EN TOMBENT2

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Assis sur un volcan_ Rotorua

Nous arrivons dans la région bénie de Rotorua. Les habitants sont assis sur une zone volcanique active immense. Des fumerolles se partagent votre horizon, dans les plaines, les forêts …

Et une odeur acre -certains, moins poète, diront d’oeufs pourris – ne vous quitte plus.

En contrepartie de ce parfum « Souffre N°5 », il y a des rivières d’eaux chaudes qui n’attendent que vous, des fleuves dont l’un des affluents charrie de l’eau bouillante. Vous avez des sources thermales à porté de corps et accessibles à tous cachées, un peu partout. Ce cache-cache là nous plait.

A Taupo même, à Kérosène Creek-ne vous fiez pas à ce nom peu flatteur-, à hot water beach (que nous découvrirons plus tard) … Autant de lieux où vous relaxer dans la fraîcheur ambiante. Un vrai bonheur.

riviere de nuit

riviere chde

kerosene

Des parties plus dangereuses et étonnantes sont rendues accessibles par l’aménagement de parcs comme celui de Wai o Tapu.

geyserOn peut y voir des geysers qui crachent sur commande pour les touristes de 10h15.

10h15 ?

Et oui car … le saviez vous, les geysers sont sensibles au savon. En jeter dans son antre le fait baver et entrer en irruption… donc 10h15 ou 13h12, c’est à votre guise. Les premiers à découvrir cela -bien malgré eux- ce fut les prisonniers que l’on envoyait travailler dans ces zones à risques. Pour laver leur linge rien de tel que les sources d’eaux chaudes contenues dans les geysers.
Un coup de savon et ils découvrirent la réaction chimique ! L’histoire ne dit pas si les vêtements sortirent plus blanc que blanc de cette marmite du diable.

Dans ce parc étonnant, on y voit des lacs de boues bouillonner de lourdes bulles qui explosent dans un bruit de succion.

boue

On y voit des palettes de peintre aux couleurs irréelles,

lac joli

Le bleu est la marque de fabrique de l’alcali et du chloride,
de jaunâtre à verte celui du sulfate d’acide,
l’orange celui de l’antimoine ou de l’arsenic,
de jaune à vert celui du sulfure et de l’arsenic, et le gris celui du carbone.

On y voit des balafres craquelées,des cratères où les oiseaux aiment pourtant y nicher pour garder leurs petits au chaud.

Je vous laisse apprécier…

trou de glaise

lacs de diff couleurs

jaune superbe

trou gliase large

Et bien sûr …

formes classes

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ANZAC Day

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25 avril. Il y a un an nous célébrions l’Anzac Day  dans le Western Australia, dans la petite bourgade tranquille de Tom Price. Aujourd’hui, nous sommes à Taupo la sportive.
(Anzac Day : commémoration de l’engagement Australien et Néo-Zélandais, pendant, entre autres, les deux grandes guerres.)

10h00
Nous attendons, curieux d’un souvenir revisité à la manière kiwi.
Nous apprécions toujours ce moment ensemble. Et on ressent que notre présence est vraiment importante pour les gens d’ici.

Le lever de drapeau se fait dans une ambiance solennelle. Les anciens du premier rang papotent en cadrant le chef d’orchestre concentré.

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C’est un prêtre qui officie. Cette marque de religion me surprend.
Des discours, des prières, des chants, les hymnes.

Fin de la cérémonie.

Nous cherchons le RSA, un club pour retraités ou non de l’armée, rien de tel pour continuer cette journée de commémoration. Greg arrête donc un petit bout de militaire au nom -si nous l’avons bien saisi- de Marie Clarisse.

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Elle nous l’indique puis remonte dans le bus avec ses camarades…

On aurait pu facilement le trouver en fait. Il suffisait de suivre un petit détachement au pas. Le RSA est bondé. Surtout au bar. On trouve une table, on s’installe. Notre présence se justifie par notre écharpe offerte par notre maman Australienne, Birdy, couverte de poppies -de coquelicots- symboles de ce jour.

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(dédicace à Birdy)

Tiens ! Une femme passe avec des plateaux remplis de gâteaux au chocolat, une autre avec des sandwichs. Après le discours d’honneur, c’est buffet à volonté.

Nous sirotions une bière quand Marie Clarisse :
– Qu’est-ce que je vous offre ?

Son amie et elle passent la fin d’après-midi avec nous, narrant les exercices pour devenir un vrai soldat : porter un sac de 45kgs (on est vraiment des fillettes avec nos 17kgs), ramper avec, creuser des trous de la taille d’une tombe pour y dormir …

Ca ne nous fait pas rêver.

Nous passons encore de délicieux moments en ce jour d’Anzac Day.

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TONGARIRO.

Un nom qui résonne comme un tambour de guerre. Le lieu en a la violence. Façonné par les volcans qui se soulèvent, qui vomissent, qui crachent… quand ils ne somnolent pas. En attendant, ils fument de manière anodines mais pourtant brûlantes. Le Parc National du Tongariro c’est ça : Une innocente et magnifique puissance.

Tukuno Heuheu IV, chef de la tribu des Ngati Tuwharetoa a fait don du territoire des volcans à la couronne d’Angleterre en 1887 afin d’éviter son morcellement par les colons et en a ainsi protégé le caractère sacré. Il est classé au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1990.

Ce parc fait parti de la ceinture de feu du Pacifique.

Deux semaines.

Deux semaines que nous l’attendons … ce monument néo-zélandais. La pluie ne s’arrêtait pas, ne voulait pas s’arrêter, ne le pouvait peut-être plus. Une vie à 100% d’humidité. Les vêtements qui ne sèchent pas, la tente qui ne sèche pas. Une vie de champignons, une vie qui moisie. Heureusement, il ne faisait pas (trop) froid. Seules ces gouttes impertinentes, insistantes, hautaines, se jouaient de nous et faisaient des paris contre notre moral. Nous avons tenu bon, malgré des moments de lassitudes profondes. Vous pensez peut-être qu’à un moment, nous aurions pu nous résigner et faire cette marche sous la pluie, mais au delà de l’aspect désagréable de marcher sous la pluie, cela ne sert à rien d’aller au Tongariro sans horizon car sa majesté réside aussi dans sa grandeur.

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Et là, enfin, le ciel semble se découvrir après ces 14jours d’attente. On ne peut pas se permettre de louper le coche. Le ciel nous accorde 12heures, pas une heure de plus. Le jour d’après nous retrouverons notre pluie et nos quelques mètres d’horizons.

Nous dormons presque à l’entrée du parc. Nous sommes déjà haut et la neige est tombée sur les sommets, à 1800m. Il pleut toujours aussi. Il est difficile d’espérer un beau lendemain mais nous y croyons comme on s’accroche à la dernière chance. 5h00 du matin, le réveil sonne. Mais cela fait bien deux heures que nous ne dormons déjà plus. On tourne et se retourne sans relâche, se couvrant de tout ce que nous possédons, cherchant de la chaleur, toujours plus, en essayant de gratter quelques degrés. Sans y parvenir.

5h30, on se lève. Mais la tente a gelé. Elle est en carton. Et la fermeture éclair ne peut plus s’ouvrir. La glace l’enserre. Nous n’arrivons pas à sortir !

A force de tentatives, on s’extrait de notre igloo. La journée sera fraiche, nous avons empilé tout ce que nous pouvons pour les randonnées. Arrivés au van garé toujours près de nous, les vitres sont couvertes de givre! Plus surprenant encore, après avoir gratté l’extérieur, il faut le faire à l’intérieur !

Chaque nuit difficile a son explication rationnelle.

Nous entamons la marche avec un pas vif et rythmé pour que notre corps se désengourdisse et se rappelle qu’avant, dans un passé qui n’est pourtant pas si lointain, il avait des doigts au bout de ses mains et des pieds au bout de ses jambes.

Les volcans et les grandes plaines autour sont ponctuées d’une flore unique et variée : forêt native paisseau, toundra parsemée de bruyères, de tussocks et de plantes résistantes au climat rigoureux et à la nature particulière du sol. Le début est facile. Promenade du dimanche entre des rivières et des prairies de tussocks. C’est idéal pour commencer. Nous prenons conscience de la célébrité de ce chemin. Nous croisons un nombre incalculable de marcheurs. Il y en a plus de 100 000 chaque année. Il paraît qu’en été, tu es à la queue leu leu tout le long du chemin de près de 20kms.

Beaucoup de vous nous ont demandé : « Pourquoi ? » Pourquoi avons-nous choisi cette stupide saison plutôt que de faire ce voyage en été.

Vous le savez désormais. Pour que les paysages majestueux et sauvages de la Nouvelle-Zélande le soient encore et que nous ayons cette impression égoïste, il faut l’avouer, qu’ils ne s’offrent qu’à nous.

Et pour cela, Dieu, que cette saison est belle !

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Ce jour là, sur ces terres volcaniques, il neige à faible altitude. De loin, les sommets sont recouverts d’une délicate couverture duveteuse. Et quand nous nous rapprochons, les parties les plus exposées aux vents glacés et violents se cristallisent de sculptures de stalactites époustouflantes et agressives. Ces volcans pourtant endormis avaient une vie sublimée par les nuages et le caractère souligné par la hargne de la météo.

Une journée magique, quel autre mot employer ?

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Nous commençons les dénivelés, et quittons la quiétude des plaines pour arriver sur la Lune. C’est un paysage irréel. Vraiment. Nous nous amusons à penser que si on nous informait qu’il s’agissait d’un décor de film en papier mâché, nous ne serions pas surpris. C’est trop. Oui, bien sûr. Trop grand. Trop désert, Trop caillouteux, trop coloré, trop vif… trop surprenant pour l’amener dans notre réalité.

A notre droite, le mont Ngauruhoe nous toise à 2 287 mètres. Impressionnant. Il l’est oui. Il le devient encore plus quand nous savons que nous avons prévu d’en accomplir l’ascension.

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Une des légendes raconte que, menacé de mourir de froid (jusque là on n’est pas trop surpris) sur une montagne, un grand prêtre explorateur implora les dieux de lui venir en aide. Ses prières furent exaucées puisque le feu divin voyage sous la forme de Taniwhas (créature magique marine) depuis l’île ancestrale jusqu’à la montagne qui entra alors en éruption.

En signe de reconnaissance, le prêtre donne son esclave (qui avait déjà succombé au froid), en le précipitant dans l’un des cratères. Le cône parfait du parc, imposante montagne désolée en porte désormais le nom, c’est notre mont Ngauruhoe.

Ce sommet a tout pour déchaîner les imaginations. Peter Jackson la nomme montagne du destin (Mount Doom) dans le seigneur des anneaux et ce n’est rien d’autre que LA montagne la plus importante du film puisqu’il s’agit du lieu de destruction de l’hypnotique anneau.

La gravir est un supplice pour les cent premiers mètres. Poser un pied sur les cendres pour espérer faire un pas est une blague de débutant. Tu fais un pas, il s’enfonce et tu redescends. Tu te sens comme un hamster dans sa roue qui s’épuise à courir sur un sol mouvant. A cette différence près, que le hamster, il aime sa roue. Moi, je n’ai pas aimé ma roue. Mais heureusement, plus tard, les cendres se transforment en roches volcaniques et le sol devient de nouveau ce que l’on attend de lui. Et de toute façon, il peut bien tout nous faire, on le pardonne à l’arrivée. Des fumerolles bouillantes s’échappent de la roche, le cratère s’élève comme les fortifications d’un monde imaginaire, les couleurs jonglent sur ses flans, la neige éclate pour souligner une vue étourdissante … on ne peut décidément pas lui en vouloir.

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Et s’il faut une heure et demi pour le monter, une demi heure de folie suffit pour le descendre. Tu choisis un flan où il n’y a que des cendres et tu dégringoles, façon ski pour les plus classes, façon bottes de sept lieux pour les classiques ou façon kangourou pour les nostalgiques. Tu es déjà en bas et l’idée insensée de refaire l’ascension pour te retrouver à nouveau dans cette descente t’effleure. T’effleure seulement.

Fatigué, tu reprends ta route en te rappelant que tu n’as pas encore fait la moitié de la randonnée. Les jambes accusent le contre coup dans la montée qui t’emmène aux lacs aux eaux turquoises et émeraudes.

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Comment est-ce qu’un paysage aussi fantomatique peut engendrer autant de couleurs : vert, bleu, jaune, rouge et de manière aussi singulières.

Une ancienne coulée de lave semble comme paralysée dans sa propre course. Elle est figée comme un habitant de Pompéï. Sur le vif, comme un instantané sans vie, qui suggère seulement ce qu’il a été.

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La fin de la randonnée est incompréhensible. Elle ne va pas avec la majesté du reste. Elle descend lentement, très lentement jusqu’en bas. Sans qu’il y en ait besoin. Pas de cratères à contourner, pas de chemins difficiles. Rien. Juste une plaine qui tale nos pieds, puis une forêt. Nous en avons encore pour deux heures. Nous nous mettons à courir pour terminer ce morceau de marche qui n’en finit pas.

La journée se couche, la pluie se lève.

Tongariro …

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LE DELUGE SONNE TOUJOURS DEUX FOIS

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RENCONTRES AU FIL-GURé

Il pleut, oui.

Alors on saisit le temps. On dessine, on gribouille , on coud…

Coudre ? Mais si, regardez, c’est caché dans chacun des dessins, des points de sutures qui relient chaque petite histoire des 40 000 kilomètres parcourus en Terra Australis.

Une pluie qui me permet d’être à l’heure, tout juste pour le concours de l’APAJ.

« Toujours sur le thème du voyage et de la découverte,
notre concours réservé aux moins de 30 ans, parrainé par Erik Orsenna.
Thème de l’année: sur la route et les chemins, à la rencontre des autres…
L’édition 2014 de notre concours a décidé de prendre l’air
pour raconter le monde et ses bouleversements.En France ou à l’étranger.
A pied, au coeur de la jungle, en route vers les sommets,
perdu dans l’immensité des déserts ou des mégapoles…
A travers des voyages intérieurs sur les chemins de la sagesse,
de la spiritualité et de la connaissance de soi…
A vous de tracer la route avec vos mots, vos images et votre musique. »

Alors bienvenue.

Bienvenue dans Rencontres au FILguré
en Terra Australis

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J’aurais pu en remplir d’autres des pages tant riche a été ce voyage.
Merci à toutes ces rencontres qui m’ont inspirées ces traits … Et qui me gravent un sourire niais quand je pense à eux.

 

Début des résultats ?

Concours «Libé»-Apaj: les vingt dessinateurs finalistes

 

 

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Les vagues de Taranaki

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Nous ne pouvons plus retenir Greg qui grogne comme un lion en cage. Mais il faut dire qu’un sommet nous attend, c’est celui du Mt Taranaki. Nous ne souhaitons pas le gravir mais en faire le tour et admirer ses formes surprenantes vues d’en bas. Ce cône s’élève lentement sur des kilomètres et décide soudainement de s’élever puissamment. L’hiver, il est recouvert de neige à son sommet. Mais là, à la fin de l’été, rien.

Nous longeons la côte appelée « surf highway » sans perdre le volcan de vue. La mer appelle les plus téméraires. Nos joueurs se jettent dans les vagues. L’eau n’est parait-il pas si glaciale (dit-elle avec son polaire et son écharpe les pieds dans l’eau). Mais les courageux s’accordent à dire que les vagues vous glacent le sang se gonflant pour atteindre les deux mètres pour finir par vous prendre en bouillon. Imprévisibles, elles auront raison de mon pantalon, en passant à la hauteur des chevilles aux cuisses. En une vague.

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Propres mais salés, nous nous rendons sur le départ d’une petite randonnée qui devrait nous donner un bon aperçu de ce Taranaki. Clément se sent mieux mais nous ne souhaitons pas prendre trop de risques en s’attaquant à une marche plus longue, plus difficile. Nous souhaitons qu’il garde ses forces pour un champion de l’île du nord qui se fera désirer : le Tongariro. La marche que nous choisissons donc n’aura comme seul intérêt, que les derniers 300mètres avant de revenir sur le parking. Des géants longilignes en forme d’arbres ponctuent la forêt. Pour éviter qu’ils ne réussissent à me donner le tournis, je m’allonge sur l’humus pour les écouter pousser.

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New Plymouth, une des capitales néo-zélandaises du surf nous offre une exposition sur son symbole et un film sur ces premiers fous, surfers kiwis et croqueurs de vie sans demander leurs restes. Des esprits ambitieux, rêveurs et entiers. Pour tester ce sport presque national, nous nous essayons à la console de jeu vidéo pour tenter de tenir sur une planche au coeur du tourbillon d’eau. En vain.

Je voulais également venir ici pour rencontrer un artiste sur os de bovin particulièrement doué. Il semblerait qu’il travaille pour lui dans son garage. Je l’avais découvert au musée de Christchurch et avait été séduite immédiatement. Mais ici, de ce pauvre monsieur Paul Gyde, personne n’en a entendu parlé.

« J’ai demandé au boucher, à l’épicier, au postier. Aucun d’eux ne le savait. » Sans parler des galeries d’art, de l’office de tourisme… Cet homme est inconnu dans son propre bourg. A force de recherches, j’apprends son nom de scène – PaulZ -, dont je vous ai mis un travail dans l’article sur les sculptures maoris en jade et en os. Il est donc nationalement connu… Ah, si j’étais riche !

Nous quittons cette ville en sachant que nous ne reverrons pas le soleil avant plusieurs jours, mais sans se douter que cela durerait plus de deux semaines.

Nous passons des journées passionnantes dans une bibliothèque la journée et sous un pont le soir pour permettre à notre tente de ne pas rester humide trop longtemps.
mercredi,

jeudi,

vendredi,

samedi.

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D’île en île, arrivée île Nord_ Wellington

Ca y est … Après un début de nuit à essayer de nous isoler de l’eau qui squatte notre tente, après un milieu de nuit agité par les douces voies d’allemandes en pleine vocalises à deux heures du matin, le réveil sonne une quasi libération en nous autorisant une boisson chaude.
Il est 6h00, c’est l’heure du café.

Nous sommes sur la ligne d’embarquement. Les néo-zélandais nous sourient pour que nous gardions dans nos coeurs combien, hospitalière, est leur ile du sud.
-« Des gens de bonne humeur le matin, ça me plait ! », nous lance le petit bout de femme qui s’occupe de nos tickets.
Comment faire autrement. Le sourire est contagieux.
3heures de traversée.
J’essaie tant bien que mal de rattraper du retard sur ce journal de bord. Un petit dessin par là, un petit récit ici, on modifie les photos par là ….

Les deux hommes enfoncés dans leurs fauteuils visionnent la prise d’assaut d’un bateau porte-containers par des pirates Somaliens. Le film est poignant, particulièrement bien réalisé, américain, mais humain. Exit le manichéisme. Un film à voir : Captain Phillips. Je l’avais vu dans l’avion qui nous conduisait en terre kiwi. J’avais pleuré toute seule. Sans le suivre cette fois, j’ai encore versé ma larme tant ce film est humainement juste.

Ils enchainent sur un deuxième : Rabbit Proof Fence, le film australien porté sur le sujet sensible de la « stolen generation ». Des générations volées dans les familles aborigènes. En lui même le film n’est pas mené avec brio mais il n’en reste pas moins qu’il a le mérite de traiter d’un sujet fort et d’une histoire vraie. Retrouver les paysages de ces déserts rouges, les gestes des aborigènes, leurs détresses nous travaillent au niveau du coeur. Je repense à Yuendumu, je repense à mes ladies, je repense à nos un an et demi australiens tout simplement.

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Nous débarquons à Wellington. Encore un piège de l’histoire et de la géographie. Wellington est la capitale de la Nouvelle-Zélande et non pas Auckland comme on en fait souvent l’erreur à la manière de Sydney pour l’Australie, à la place de Canberra. Je trépignais de visiter Te Papa, The musée kiwi. The légende. Déception. La collection maori n’a rien à envier avec celle de Christchurch. Et le reste est une avalanche de tout (ou rien). Le calamar géant trempant dans le formol a fait son petit effet et le marae reste cependant un souvenir fort.

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(Portrait par Goldie. Il y aurait un article qui lui sera consacré plus tard si je me tiens à mes plans ;-))

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Je pars dans un débat avec un compatriote. Un panneau annonce l’interdiction de capturer l’intérieur du marae. Faut dire que normalement cet endroit, c’est sacré. C’est le lieu central des villages. C’est en quelque sorte notre église, tribunal et parlement. C’est un lieu de culte, de justice, notre parlement pour la politique. Les ancêtres y prônent, surveillent, conseillent. Alors on ne prend pas de photo, c’est tout.
-« Mais c’est dans un musée donc ça n’a rien de sacré. Si on m’explique, je ne le ferai pas »

Le débat va me lasser un peu. Ce n’est pas ta culture alors même si tu ne saisis pas pourquoi, parce que ce n’est peut être que du bois, que des visages gravés pour toi, pour eux c’est bien plus. Des protecteurs, des gardiens, des ancêtres. Normalement, n’entre pas qui veut dans un marae. On t’autorise déjà à y entrer. Tu as déposé tes chaussures comme il est stipulé, alors ne respecte pas seulement ce qui t’arrange. J’évoque l’Australie, les croyances aborigènes, l’Uluru qu’il a visité aussi. Je conclus par un agaçant :
-« De toute façon, tu es adulte responsable. Je vais quitter le marae , tu fais ce que tu veux, en accord avec toi même. »
Décevant Te Papa.

Nous passerons la nuit et le jour suivant sur une agréable aire de repos à côté d’une rivière. Nous avons besoin de verdure. Arriver sur l’île Nord nous a projeté de nouveau dans la vie citadine, les routes sont remplies et les highways -autoroutes- le sont vraiment. D’un côté du bras de mer, il y a Picton et son port qui s’endort sur les fiords et de l’autre, Wellington qui bat au rythme d’une ville effrénée : des gens partout, une circulation dense, l’impossibilité de se garer… alors oui nous sommes heureux sur cette herbe, près de la rivière. L’île du Nord est plus clémente avec la météo. Le soir nous sommes bien, au matin nous sommes délicieusement bien et … nous faisons enfin des nuits complètes.

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Nous laissons le bonheur de retrouver un thermomètre d’été indien nous envahir. Clément nous sort sa petite table, je prépare des crêpes, et j’envoie mon cher et tendre à la poursuite d’un fruit inconnu au bataillon. Mais il sent tellement bon qu’il est impossible qu’il soit toxique. Je vous rassure, je ne reste pas sur cette impression puérile et demande au gardien de notre parc d’éclairer nos lanternes. Ce sont tout simplement des « banana-passion fruit ». L’originalité de la langue anglaise qui ne se fatigue pas à trouver des noms pour chaque chose me sidère et projette ce fruit totalement inconnu dans la sphère moins excitante du connu. L’homme parti à la chasse revient les mains pleines. Cela nous rappelle nos expéditions dans le bush australien. Nous aimons agrémenter le quotidien de nos papilles de voyageurs avec ce que la nature nous offre sur son chemin … fruits, champignons, herbes parfumées, fleurs comestibles et produits de la mer. Mon projet de confiture ne prend pas. J’essaie de cuisiner des petits biscuits à la poêle au goût de la passion salués par la critique … mais pas par moi. Ce sera donc au final, un sirop dont j’ai pris la peine d’extraire les pépins. car ce fruit a en effet cette similitude avec le fruit de la passion, il est plein de pépins.

Nous l’essaierons sur le porridge et merveilleusement plus tard, sur de la glace… un délice.

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Nous virevoltons. Nous nous arrêtons dans le village d’Otaki, dans une bibliothèque, l’une des plus high-tech et agréable que nous ayons visité. Un piano est en libre service, un groupe de musique se fait entendre, un jeu d’échec gigantesque invite à se creuser la cervelle, une table de ping-pong détonne. Le lieu est immense et convivial.

Puis, arrêt dans une galerie d’art maori qui est en fait un magasin de bibelots sans grâce. La commerçante endormie nous parle du tremblement de terre de la semaine passée qui n’évoquait rien de plus que la secousse de quelques secondes d’un camion qui passe.

Puis, visite d’une cave à vin dont la spécialité est le vin-cuit à base de feijoa. Un homme moustachu que nous dérangeons visiblement dans son porridge, nous fait déguster pas moins de 5 vins. Greg a un coup de coeur pour un mélange de whisky et de gingembre. Pour ma part, je ne suis pas séduite mais boire un p’tit coup, c’est agréable.

Greg a des fourmis dans les jambes. Nous restons une nuit à Palmerston North, le temps de savoir si oui ou non les Monty Pythons exagèrent sur le fait que, quand on a des doutes sur une envie de se suicider, il faut aller à Palmerston North.

Eh bien c’est très exagéré. Cette petite ville s’est avérée très séduisante selon mes critères. Un peu atypique, un peu art déco, un peu design sur un malentendu.

Bref, du caractère, involontaire ou non.

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COMPTE A RENDRE

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