Assis sur un volcan_ Rotorua

Nous arrivons dans la région bénie de Rotorua. Les habitants sont assis sur une zone volcanique active immense. Des fumerolles se partagent votre horizon, dans les plaines, les forêts …

Et une odeur acre -certains, moins poète, diront d’oeufs pourris – ne vous quitte plus.

En contrepartie de ce parfum « Souffre N°5 », il y a des rivières d’eaux chaudes qui n’attendent que vous, des fleuves dont l’un des affluents charrie de l’eau bouillante. Vous avez des sources thermales à porté de corps et accessibles à tous cachées, un peu partout. Ce cache-cache là nous plait.

A Taupo même, à Kérosène Creek-ne vous fiez pas à ce nom peu flatteur-, à hot water beach (que nous découvrirons plus tard) … Autant de lieux où vous relaxer dans la fraîcheur ambiante. Un vrai bonheur.

riviere de nuit

riviere chde

kerosene

Des parties plus dangereuses et étonnantes sont rendues accessibles par l’aménagement de parcs comme celui de Wai o Tapu.

geyserOn peut y voir des geysers qui crachent sur commande pour les touristes de 10h15.

10h15 ?

Et oui car … le saviez vous, les geysers sont sensibles au savon. En jeter dans son antre le fait baver et entrer en irruption… donc 10h15 ou 13h12, c’est à votre guise. Les premiers à découvrir cela -bien malgré eux- ce fut les prisonniers que l’on envoyait travailler dans ces zones à risques. Pour laver leur linge rien de tel que les sources d’eaux chaudes contenues dans les geysers.
Un coup de savon et ils découvrirent la réaction chimique ! L’histoire ne dit pas si les vêtements sortirent plus blanc que blanc de cette marmite du diable.

Dans ce parc étonnant, on y voit des lacs de boues bouillonner de lourdes bulles qui explosent dans un bruit de succion.

boue

On y voit des palettes de peintre aux couleurs irréelles,

lac joli

Le bleu est la marque de fabrique de l’alcali et du chloride,
de jaunâtre à verte celui du sulfate d’acide,
l’orange celui de l’antimoine ou de l’arsenic,
de jaune à vert celui du sulfure et de l’arsenic, et le gris celui du carbone.

On y voit des balafres craquelées,des cratères où les oiseaux aiment pourtant y nicher pour garder leurs petits au chaud.

Je vous laisse apprécier…

trou de glaise

lacs de diff couleurs

jaune superbe

trou gliase large

Et bien sûr …

formes classes

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ANZAC Day

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25 avril. Il y a un an nous célébrions l’Anzac Day  dans le Western Australia, dans la petite bourgade tranquille de Tom Price. Aujourd’hui, nous sommes à Taupo la sportive.
(Anzac Day : commémoration de l’engagement Australien et Néo-Zélandais, pendant, entre autres, les deux grandes guerres.)

10h00
Nous attendons, curieux d’un souvenir revisité à la manière kiwi.
Nous apprécions toujours ce moment ensemble. Et on ressent que notre présence est vraiment importante pour les gens d’ici.

Le lever de drapeau se fait dans une ambiance solennelle. Les anciens du premier rang papotent en cadrant le chef d’orchestre concentré.

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C’est un prêtre qui officie. Cette marque de religion me surprend.
Des discours, des prières, des chants, les hymnes.

Fin de la cérémonie.

Nous cherchons le RSA, un club pour retraités ou non de l’armée, rien de tel pour continuer cette journée de commémoration. Greg arrête donc un petit bout de militaire au nom -si nous l’avons bien saisi- de Marie Clarisse.

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Elle nous l’indique puis remonte dans le bus avec ses camarades…

On aurait pu facilement le trouver en fait. Il suffisait de suivre un petit détachement au pas. Le RSA est bondé. Surtout au bar. On trouve une table, on s’installe. Notre présence se justifie par notre écharpe offerte par notre maman Australienne, Birdy, couverte de poppies -de coquelicots- symboles de ce jour.

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(dédicace à Birdy)

Tiens ! Une femme passe avec des plateaux remplis de gâteaux au chocolat, une autre avec des sandwichs. Après le discours d’honneur, c’est buffet à volonté.

Nous sirotions une bière quand Marie Clarisse :
– Qu’est-ce que je vous offre ?

Son amie et elle passent la fin d’après-midi avec nous, narrant les exercices pour devenir un vrai soldat : porter un sac de 45kgs (on est vraiment des fillettes avec nos 17kgs), ramper avec, creuser des trous de la taille d’une tombe pour y dormir …

Ca ne nous fait pas rêver.

Nous passons encore de délicieux moments en ce jour d’Anzac Day.

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TONGARIRO.

Un nom qui résonne comme un tambour de guerre. Le lieu en a la violence. Façonné par les volcans qui se soulèvent, qui vomissent, qui crachent… quand ils ne somnolent pas. En attendant, ils fument de manière anodines mais pourtant brûlantes. Le Parc National du Tongariro c’est ça : Une innocente et magnifique puissance.

Tukuno Heuheu IV, chef de la tribu des Ngati Tuwharetoa a fait don du territoire des volcans à la couronne d’Angleterre en 1887 afin d’éviter son morcellement par les colons et en a ainsi protégé le caractère sacré. Il est classé au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1990.

Ce parc fait parti de la ceinture de feu du Pacifique.

Deux semaines.

Deux semaines que nous l’attendons … ce monument néo-zélandais. La pluie ne s’arrêtait pas, ne voulait pas s’arrêter, ne le pouvait peut-être plus. Une vie à 100% d’humidité. Les vêtements qui ne sèchent pas, la tente qui ne sèche pas. Une vie de champignons, une vie qui moisie. Heureusement, il ne faisait pas (trop) froid. Seules ces gouttes impertinentes, insistantes, hautaines, se jouaient de nous et faisaient des paris contre notre moral. Nous avons tenu bon, malgré des moments de lassitudes profondes. Vous pensez peut-être qu’à un moment, nous aurions pu nous résigner et faire cette marche sous la pluie, mais au delà de l’aspect désagréable de marcher sous la pluie, cela ne sert à rien d’aller au Tongariro sans horizon car sa majesté réside aussi dans sa grandeur.

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Et là, enfin, le ciel semble se découvrir après ces 14jours d’attente. On ne peut pas se permettre de louper le coche. Le ciel nous accorde 12heures, pas une heure de plus. Le jour d’après nous retrouverons notre pluie et nos quelques mètres d’horizons.

Nous dormons presque à l’entrée du parc. Nous sommes déjà haut et la neige est tombée sur les sommets, à 1800m. Il pleut toujours aussi. Il est difficile d’espérer un beau lendemain mais nous y croyons comme on s’accroche à la dernière chance. 5h00 du matin, le réveil sonne. Mais cela fait bien deux heures que nous ne dormons déjà plus. On tourne et se retourne sans relâche, se couvrant de tout ce que nous possédons, cherchant de la chaleur, toujours plus, en essayant de gratter quelques degrés. Sans y parvenir.

5h30, on se lève. Mais la tente a gelé. Elle est en carton. Et la fermeture éclair ne peut plus s’ouvrir. La glace l’enserre. Nous n’arrivons pas à sortir !

A force de tentatives, on s’extrait de notre igloo. La journée sera fraiche, nous avons empilé tout ce que nous pouvons pour les randonnées. Arrivés au van garé toujours près de nous, les vitres sont couvertes de givre! Plus surprenant encore, après avoir gratté l’extérieur, il faut le faire à l’intérieur !

Chaque nuit difficile a son explication rationnelle.

Nous entamons la marche avec un pas vif et rythmé pour que notre corps se désengourdisse et se rappelle qu’avant, dans un passé qui n’est pourtant pas si lointain, il avait des doigts au bout de ses mains et des pieds au bout de ses jambes.

Les volcans et les grandes plaines autour sont ponctuées d’une flore unique et variée : forêt native paisseau, toundra parsemée de bruyères, de tussocks et de plantes résistantes au climat rigoureux et à la nature particulière du sol. Le début est facile. Promenade du dimanche entre des rivières et des prairies de tussocks. C’est idéal pour commencer. Nous prenons conscience de la célébrité de ce chemin. Nous croisons un nombre incalculable de marcheurs. Il y en a plus de 100 000 chaque année. Il paraît qu’en été, tu es à la queue leu leu tout le long du chemin de près de 20kms.

Beaucoup de vous nous ont demandé : « Pourquoi ? » Pourquoi avons-nous choisi cette stupide saison plutôt que de faire ce voyage en été.

Vous le savez désormais. Pour que les paysages majestueux et sauvages de la Nouvelle-Zélande le soient encore et que nous ayons cette impression égoïste, il faut l’avouer, qu’ils ne s’offrent qu’à nous.

Et pour cela, Dieu, que cette saison est belle !

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Ce jour là, sur ces terres volcaniques, il neige à faible altitude. De loin, les sommets sont recouverts d’une délicate couverture duveteuse. Et quand nous nous rapprochons, les parties les plus exposées aux vents glacés et violents se cristallisent de sculptures de stalactites époustouflantes et agressives. Ces volcans pourtant endormis avaient une vie sublimée par les nuages et le caractère souligné par la hargne de la météo.

Une journée magique, quel autre mot employer ?

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Nous commençons les dénivelés, et quittons la quiétude des plaines pour arriver sur la Lune. C’est un paysage irréel. Vraiment. Nous nous amusons à penser que si on nous informait qu’il s’agissait d’un décor de film en papier mâché, nous ne serions pas surpris. C’est trop. Oui, bien sûr. Trop grand. Trop désert, Trop caillouteux, trop coloré, trop vif… trop surprenant pour l’amener dans notre réalité.

A notre droite, le mont Ngauruhoe nous toise à 2 287 mètres. Impressionnant. Il l’est oui. Il le devient encore plus quand nous savons que nous avons prévu d’en accomplir l’ascension.

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Une des légendes raconte que, menacé de mourir de froid (jusque là on n’est pas trop surpris) sur une montagne, un grand prêtre explorateur implora les dieux de lui venir en aide. Ses prières furent exaucées puisque le feu divin voyage sous la forme de Taniwhas (créature magique marine) depuis l’île ancestrale jusqu’à la montagne qui entra alors en éruption.

En signe de reconnaissance, le prêtre donne son esclave (qui avait déjà succombé au froid), en le précipitant dans l’un des cratères. Le cône parfait du parc, imposante montagne désolée en porte désormais le nom, c’est notre mont Ngauruhoe.

Ce sommet a tout pour déchaîner les imaginations. Peter Jackson la nomme montagne du destin (Mount Doom) dans le seigneur des anneaux et ce n’est rien d’autre que LA montagne la plus importante du film puisqu’il s’agit du lieu de destruction de l’hypnotique anneau.

La gravir est un supplice pour les cent premiers mètres. Poser un pied sur les cendres pour espérer faire un pas est une blague de débutant. Tu fais un pas, il s’enfonce et tu redescends. Tu te sens comme un hamster dans sa roue qui s’épuise à courir sur un sol mouvant. A cette différence près, que le hamster, il aime sa roue. Moi, je n’ai pas aimé ma roue. Mais heureusement, plus tard, les cendres se transforment en roches volcaniques et le sol devient de nouveau ce que l’on attend de lui. Et de toute façon, il peut bien tout nous faire, on le pardonne à l’arrivée. Des fumerolles bouillantes s’échappent de la roche, le cratère s’élève comme les fortifications d’un monde imaginaire, les couleurs jonglent sur ses flans, la neige éclate pour souligner une vue étourdissante … on ne peut décidément pas lui en vouloir.

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Et s’il faut une heure et demi pour le monter, une demi heure de folie suffit pour le descendre. Tu choisis un flan où il n’y a que des cendres et tu dégringoles, façon ski pour les plus classes, façon bottes de sept lieux pour les classiques ou façon kangourou pour les nostalgiques. Tu es déjà en bas et l’idée insensée de refaire l’ascension pour te retrouver à nouveau dans cette descente t’effleure. T’effleure seulement.

Fatigué, tu reprends ta route en te rappelant que tu n’as pas encore fait la moitié de la randonnée. Les jambes accusent le contre coup dans la montée qui t’emmène aux lacs aux eaux turquoises et émeraudes.

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Comment est-ce qu’un paysage aussi fantomatique peut engendrer autant de couleurs : vert, bleu, jaune, rouge et de manière aussi singulières.

Une ancienne coulée de lave semble comme paralysée dans sa propre course. Elle est figée comme un habitant de Pompéï. Sur le vif, comme un instantané sans vie, qui suggère seulement ce qu’il a été.

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La fin de la randonnée est incompréhensible. Elle ne va pas avec la majesté du reste. Elle descend lentement, très lentement jusqu’en bas. Sans qu’il y en ait besoin. Pas de cratères à contourner, pas de chemins difficiles. Rien. Juste une plaine qui tale nos pieds, puis une forêt. Nous en avons encore pour deux heures. Nous nous mettons à courir pour terminer ce morceau de marche qui n’en finit pas.

La journée se couche, la pluie se lève.

Tongariro …

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LE DELUGE SONNE TOUJOURS DEUX FOIS

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Les vagues de Taranaki

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Nous ne pouvons plus retenir Greg qui grogne comme un lion en cage. Mais il faut dire qu’un sommet nous attend, c’est celui du Mt Taranaki. Nous ne souhaitons pas le gravir mais en faire le tour et admirer ses formes surprenantes vues d’en bas. Ce cône s’élève lentement sur des kilomètres et décide soudainement de s’élever puissamment. L’hiver, il est recouvert de neige à son sommet. Mais là, à la fin de l’été, rien.

Nous longeons la côte appelée « surf highway » sans perdre le volcan de vue. La mer appelle les plus téméraires. Nos joueurs se jettent dans les vagues. L’eau n’est parait-il pas si glaciale (dit-elle avec son polaire et son écharpe les pieds dans l’eau). Mais les courageux s’accordent à dire que les vagues vous glacent le sang se gonflant pour atteindre les deux mètres pour finir par vous prendre en bouillon. Imprévisibles, elles auront raison de mon pantalon, en passant à la hauteur des chevilles aux cuisses. En une vague.

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Propres mais salés, nous nous rendons sur le départ d’une petite randonnée qui devrait nous donner un bon aperçu de ce Taranaki. Clément se sent mieux mais nous ne souhaitons pas prendre trop de risques en s’attaquant à une marche plus longue, plus difficile. Nous souhaitons qu’il garde ses forces pour un champion de l’île du nord qui se fera désirer : le Tongariro. La marche que nous choisissons donc n’aura comme seul intérêt, que les derniers 300mètres avant de revenir sur le parking. Des géants longilignes en forme d’arbres ponctuent la forêt. Pour éviter qu’ils ne réussissent à me donner le tournis, je m’allonge sur l’humus pour les écouter pousser.

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New Plymouth, une des capitales néo-zélandaises du surf nous offre une exposition sur son symbole et un film sur ces premiers fous, surfers kiwis et croqueurs de vie sans demander leurs restes. Des esprits ambitieux, rêveurs et entiers. Pour tester ce sport presque national, nous nous essayons à la console de jeu vidéo pour tenter de tenir sur une planche au coeur du tourbillon d’eau. En vain.

Je voulais également venir ici pour rencontrer un artiste sur os de bovin particulièrement doué. Il semblerait qu’il travaille pour lui dans son garage. Je l’avais découvert au musée de Christchurch et avait été séduite immédiatement. Mais ici, de ce pauvre monsieur Paul Gyde, personne n’en a entendu parlé.

« J’ai demandé au boucher, à l’épicier, au postier. Aucun d’eux ne le savait. » Sans parler des galeries d’art, de l’office de tourisme… Cet homme est inconnu dans son propre bourg. A force de recherches, j’apprends son nom de scène – PaulZ -, dont je vous ai mis un travail dans l’article sur les sculptures maoris en jade et en os. Il est donc nationalement connu… Ah, si j’étais riche !

Nous quittons cette ville en sachant que nous ne reverrons pas le soleil avant plusieurs jours, mais sans se douter que cela durerait plus de deux semaines.

Nous passons des journées passionnantes dans une bibliothèque la journée et sous un pont le soir pour permettre à notre tente de ne pas rester humide trop longtemps.
mercredi,

jeudi,

vendredi,

samedi.

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D’île en île, arrivée île Nord_ Wellington

Ca y est … Après un début de nuit à essayer de nous isoler de l’eau qui squatte notre tente, après un milieu de nuit agité par les douces voies d’allemandes en pleine vocalises à deux heures du matin, le réveil sonne une quasi libération en nous autorisant une boisson chaude.
Il est 6h00, c’est l’heure du café.

Nous sommes sur la ligne d’embarquement. Les néo-zélandais nous sourient pour que nous gardions dans nos coeurs combien, hospitalière, est leur ile du sud.
-« Des gens de bonne humeur le matin, ça me plait ! », nous lance le petit bout de femme qui s’occupe de nos tickets.
Comment faire autrement. Le sourire est contagieux.
3heures de traversée.
J’essaie tant bien que mal de rattraper du retard sur ce journal de bord. Un petit dessin par là, un petit récit ici, on modifie les photos par là ….

Les deux hommes enfoncés dans leurs fauteuils visionnent la prise d’assaut d’un bateau porte-containers par des pirates Somaliens. Le film est poignant, particulièrement bien réalisé, américain, mais humain. Exit le manichéisme. Un film à voir : Captain Phillips. Je l’avais vu dans l’avion qui nous conduisait en terre kiwi. J’avais pleuré toute seule. Sans le suivre cette fois, j’ai encore versé ma larme tant ce film est humainement juste.

Ils enchainent sur un deuxième : Rabbit Proof Fence, le film australien porté sur le sujet sensible de la « stolen generation ». Des générations volées dans les familles aborigènes. En lui même le film n’est pas mené avec brio mais il n’en reste pas moins qu’il a le mérite de traiter d’un sujet fort et d’une histoire vraie. Retrouver les paysages de ces déserts rouges, les gestes des aborigènes, leurs détresses nous travaillent au niveau du coeur. Je repense à Yuendumu, je repense à mes ladies, je repense à nos un an et demi australiens tout simplement.

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Nous débarquons à Wellington. Encore un piège de l’histoire et de la géographie. Wellington est la capitale de la Nouvelle-Zélande et non pas Auckland comme on en fait souvent l’erreur à la manière de Sydney pour l’Australie, à la place de Canberra. Je trépignais de visiter Te Papa, The musée kiwi. The légende. Déception. La collection maori n’a rien à envier avec celle de Christchurch. Et le reste est une avalanche de tout (ou rien). Le calamar géant trempant dans le formol a fait son petit effet et le marae reste cependant un souvenir fort.

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(Portrait par Goldie. Il y aurait un article qui lui sera consacré plus tard si je me tiens à mes plans ;-))

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Je pars dans un débat avec un compatriote. Un panneau annonce l’interdiction de capturer l’intérieur du marae. Faut dire que normalement cet endroit, c’est sacré. C’est le lieu central des villages. C’est en quelque sorte notre église, tribunal et parlement. C’est un lieu de culte, de justice, notre parlement pour la politique. Les ancêtres y prônent, surveillent, conseillent. Alors on ne prend pas de photo, c’est tout.
-« Mais c’est dans un musée donc ça n’a rien de sacré. Si on m’explique, je ne le ferai pas »

Le débat va me lasser un peu. Ce n’est pas ta culture alors même si tu ne saisis pas pourquoi, parce que ce n’est peut être que du bois, que des visages gravés pour toi, pour eux c’est bien plus. Des protecteurs, des gardiens, des ancêtres. Normalement, n’entre pas qui veut dans un marae. On t’autorise déjà à y entrer. Tu as déposé tes chaussures comme il est stipulé, alors ne respecte pas seulement ce qui t’arrange. J’évoque l’Australie, les croyances aborigènes, l’Uluru qu’il a visité aussi. Je conclus par un agaçant :
-« De toute façon, tu es adulte responsable. Je vais quitter le marae , tu fais ce que tu veux, en accord avec toi même. »
Décevant Te Papa.

Nous passerons la nuit et le jour suivant sur une agréable aire de repos à côté d’une rivière. Nous avons besoin de verdure. Arriver sur l’île Nord nous a projeté de nouveau dans la vie citadine, les routes sont remplies et les highways -autoroutes- le sont vraiment. D’un côté du bras de mer, il y a Picton et son port qui s’endort sur les fiords et de l’autre, Wellington qui bat au rythme d’une ville effrénée : des gens partout, une circulation dense, l’impossibilité de se garer… alors oui nous sommes heureux sur cette herbe, près de la rivière. L’île du Nord est plus clémente avec la météo. Le soir nous sommes bien, au matin nous sommes délicieusement bien et … nous faisons enfin des nuits complètes.

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Nous laissons le bonheur de retrouver un thermomètre d’été indien nous envahir. Clément nous sort sa petite table, je prépare des crêpes, et j’envoie mon cher et tendre à la poursuite d’un fruit inconnu au bataillon. Mais il sent tellement bon qu’il est impossible qu’il soit toxique. Je vous rassure, je ne reste pas sur cette impression puérile et demande au gardien de notre parc d’éclairer nos lanternes. Ce sont tout simplement des « banana-passion fruit ». L’originalité de la langue anglaise qui ne se fatigue pas à trouver des noms pour chaque chose me sidère et projette ce fruit totalement inconnu dans la sphère moins excitante du connu. L’homme parti à la chasse revient les mains pleines. Cela nous rappelle nos expéditions dans le bush australien. Nous aimons agrémenter le quotidien de nos papilles de voyageurs avec ce que la nature nous offre sur son chemin … fruits, champignons, herbes parfumées, fleurs comestibles et produits de la mer. Mon projet de confiture ne prend pas. J’essaie de cuisiner des petits biscuits à la poêle au goût de la passion salués par la critique … mais pas par moi. Ce sera donc au final, un sirop dont j’ai pris la peine d’extraire les pépins. car ce fruit a en effet cette similitude avec le fruit de la passion, il est plein de pépins.

Nous l’essaierons sur le porridge et merveilleusement plus tard, sur de la glace… un délice.

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Nous virevoltons. Nous nous arrêtons dans le village d’Otaki, dans une bibliothèque, l’une des plus high-tech et agréable que nous ayons visité. Un piano est en libre service, un groupe de musique se fait entendre, un jeu d’échec gigantesque invite à se creuser la cervelle, une table de ping-pong détonne. Le lieu est immense et convivial.

Puis, arrêt dans une galerie d’art maori qui est en fait un magasin de bibelots sans grâce. La commerçante endormie nous parle du tremblement de terre de la semaine passée qui n’évoquait rien de plus que la secousse de quelques secondes d’un camion qui passe.

Puis, visite d’une cave à vin dont la spécialité est le vin-cuit à base de feijoa. Un homme moustachu que nous dérangeons visiblement dans son porridge, nous fait déguster pas moins de 5 vins. Greg a un coup de coeur pour un mélange de whisky et de gingembre. Pour ma part, je ne suis pas séduite mais boire un p’tit coup, c’est agréable.

Greg a des fourmis dans les jambes. Nous restons une nuit à Palmerston North, le temps de savoir si oui ou non les Monty Pythons exagèrent sur le fait que, quand on a des doutes sur une envie de se suicider, il faut aller à Palmerston North.

Eh bien c’est très exagéré. Cette petite ville s’est avérée très séduisante selon mes critères. Un peu atypique, un peu art déco, un peu design sur un malentendu.

Bref, du caractère, involontaire ou non.

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COMPTE A RENDRE

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Marlborough Sounds

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Clément étant dans l’impossibilité de marcher, nous tentons la chaise roulante commerciale et finissons par choisir des béquilles, beaucoup moins sympathiques mais moins encombrantes.

Sa mère est inquiète pour sa cheville. Mais ce qu’il a mis plus de temps à nous avouer, c’est qu’elle était assurément plus inquiète qu’il voyage avec des inconnus qui pouvaient être, je cite, de « gros pervers ». Nous prenons la route vers les Marlborough Sounds. Clément ne peut pas randonner mais veut voir la route sinueuse qui mène dans cette partie isolée. Nous passerons la nuit, dans un petit espace où dorment déjà quelques abeilles.

Au matin, je découvre de la menthe sauvage que nous ferons sécher en petits bouquets à l’arrière du van.

Le ciel est lourd ce matin encore.
La tente est humide ce matin encore.

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Nous espérons voir quelque chose du haut du Mont Strokes, le plus haut sommet de cette partie de l’île, qui surplombe les fiords. Nous montons suffisamment pour dépasser les nuages. Le ciel est bleu sur une chantilly de mer silencieuse. Mais la mer ne bougera pas, les nuages recouvrent les montagnes et les bras de mers qui les entourent. C’est séduisant mais cela aurait pu être grandiose.

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La route nous lessive jusqu’à la ville de Picton dans des lacets pervers qui n’en finissent pas. Deux heures trente pour soixante dix kilomètres.

On a tous les trois un petit coup de nostalgie de quitter l’île Sud. Sauvage, peu peuplée, inattendue. J’attends pourtant beaucoup de l’île du Nord mais sur un axe complètement différent, celui de la culture maorie. Son art, son artisanat, me fascinent et j’aimerai en savoir plus sur leurs légendes et histoires. Et si possible, revivre un moment aussi intense que nous avions vécu avec les aborigènes en Australie. Cela me semble pourtant compliqué. Nous n’avons qu’un mois sur l’île nord. Il y a des endroits où nous voulons absolument nous rendre ; alors consacrer une semaine à cette culture me semble être une vaste fumisterie et presque un manque de respect.

Le ferry est prévu pour demain.

Un dernier fish&chips sur le port désert. Notre dernière nuit sur l’île Sud est sur une aire de repos surpeuplée, où il est interdit de camper.

Dernier regard vers le ciel étoilé de l’île Sud, le réveil est prévu à 5h30 le lendemain.

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Greg le pêcheur_ Sea Legs

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Aujourd’hui est un grand jour, un jour d’émotion, un jour de frisson… un jour spécial Sabat. C’est le jour où Ian nous emmène pêcher … en mer. La pêche ne me passionne pas mais le bateau oui, alors je suis aussi excitée que lui.

Je sais que la mer ne me fera pas du bien, mais il faut bien que je m’habitue. Les personnes qui n’ont pas été élevées au pied marin, doivent lutter un peu plus pour le devenir. « Pied marin » quelle drôle d’expression. Chacun de vous comprendra qu’ avoir « l’estomac marin » serait bien plus approprié…

Greg prendra un petit cachet « Sea Legs »*.  Avec un nom de cachet pareil, c’est officiel « maman, les petits bateaux qui vont sur l’eau ont-ils des jambes ? ».
La réponse est Oui « s’ils n’en avaient pas, ils ne marcheraient pas. »
Son estomac est resté à peu près attaché, à la différence du mien.
La raison pour laquelle nous restons là, à se faire balloter par les flots, commence à mordre à l’hameçon. Ian attrape deux petits requins qu’il relâcha pour le motif très classe :
– « je n’ai pas pour habitude de manger ce qui est au bout de la chaîne alimentaire ».
Je tire mon chapeau sur l’élégance des propos.

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Greg pêche un requin lui aussi, puis un snapper de 28 centimètres, un 2ème requin…
Greg commence à être en transe. L’excitation et l’adrénaline que j’ignore est palpable…

pêcher
pêcher
pêcher

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C’est assez tribal mais le connaître dans cet état est assez amusant. Et les passions sont toujours bonnes pour l’être humain -je n’ai pas dit la folie-.
Deuxième snapper de 32cms !
Troisième requin !
Greg est en forme, regonflé à bloc.

Je me plais à regarder le sonar des fonds sous-marins, petit gadget (pardon pour les pêcheurs) qui annonce s’il y a des poissons qui te narguent sous ton bateau. Tu peux connaître les quantités et la profondeur à laquelle ils se trouvent… Et ça bip. Tu n’as définitivement plus l’excuse « la mer était vide aujourd’hui… »

Greg resterait là toute une vie. Une belle motivation pour sa composition fragile. Si c’est pour la pêche, je suis prête à parier que des jambes de mer lui pousseront dans les premières heures.

Mais il est temps de partir.
Nous avons un voyage à continuer et Ian et Térésa ont d’autres impératifs de ministres, comme d’habitude.

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Nos kiwis nous offrent des cadeaux. Des savons aux senteurs douces, une jade qu’on se transmet d’ami en ami comme pour symboliser une fraternité par-delà les frontières… Je ne sais pas recevoir les cadeaux. Je me sens toujours un peu pataude, bête. Handicapée de la vie sociale.

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Nous reprenons les affaires en trop que nous avions laissées chez eux. Nous sommes encore plus lourds. Encore plus patauds. Heureusement, nous savons que ce n’est que pour un temps. Nous voyagerons désormais accompagnés de Clément sur l’île Nord. Boubou, surnom du Laboureur, le van de notre ami se chargera des poids lourds.

Clément était venu nous chercher après son périple dans la Golden Bay. Nous le retrouvons éclopé, blessé à la cheville, alors qu’il dormait. Oui, j’aurais pu ne pas le souligner mais cela aurait été dommage, et non, on ne rit pas, cela m’est réservé. 🙂

Nos sacs sont prêts, Ian et Térésa sont déjà partis, nous refermons cette porte derrière nous … une dernière fois.

*sea legs : « jambes de mer » littéralement, mais pied marin en traduction correcte.

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Soirée marshmallows

Nous avions rendez-vous à Richmond… une dernière fois. Déjà un mois et demi s’est écoulé depuis notre dernière visite. La clé était sous le tapis. On leur propose de cuisiner. Ficelles picardes et la fierté de Greg : son flan antillais désormais mondialement connu. Une institution en France et aujourd’hui dans le Pacifique. Térésa aime les objets kitschs et elle l’assume. Nous passons la soirée scrutés par Jésus à la sortie du tombeau qui possède comme cadre une spirale psychédélique lumineuse bleue. Karena et Georges viennent se joindre à nous. Kiwi et maori. Gourmand, riant.

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Le lendemain après le marché artisanal et local de la ville de Nelson, nous avions prévu de rejoindre Ian pour assister à une course de voiliers qu’il ordonnait, comme tous les samedis. Malheureusement pour nous, cette semaine là, des enfants avaient envahis le ponton pour une course de la jeunesse. Ian avait pourtant prévenu son club : il avait recruté deux sérieux marins à son bord.

Quand le soir décline nous sommes invités à participer à une fête de quartier. Les voisins s’étaient associés contre un supermarché qui doit se construire. Le supermarché se construira quand même. Mais l’union contre un ennemi commun a fait se rencontrer des Hommes. Au lieu de rester chacun chez soi, des tables ont été mises dans cette rue en cul de sac, un barbecue a été allumé et un tambour de machine à laver sert de brasero. Chacun a préparé un plat, un dessert. C’est un bel instant de communion au sens léger du terme. Un instant de partage. Les gens sont intrigués de nous voir ici. On nous demande à quel numéro nous vivons (typique question de réunion de voisin ?). On discute avec plusieurs personnes de notre parcours sur leur île et sur l’accueil de leurs compatriotes. Cela les intriguent.

Le dessert est une avalanche de glycémie. Nous goûtons à la Pavlova faite maison, un délice qui nous fait penser que oui la Pavlova doit être néo-zélandaise.
Sous la dictature culinaire de Greg selon moi et « l’écoleu deu couisine Picardeu « selon Térésa, notre hôte avait préparé un flan antillais.

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Encore un peu de gâteau au chocolat ? Vous reprendrez bien du banana cake …
Tout le monde est autour du poêle désormais, à faire cramer de vieillies boites en bois. Olivia est un petit bout de fille étonnante. A dix ans, elle a l’aplomb et le bagou d’une grande de dix huit. Elle vous donnera les bon plans, où dormir, les endroits effrayants et où trouver les meilleurs glaces de l’île Nord…
-« Ahh, c’est quelle direction déjà ? Ca m’est sorti de la tête. Anyway … vous devez absolument y aller ! »
Elle vous parlera de sa grand-mère, de ses copines, d’elle quand elle sera plus grande et de Bear Grills, l’homme charismatique de Man vs Wild.
-« Je le regarde avec mon père » nous explique t-elle en arborant le t-shirt à l’effigie du héros. Greg réinvente des histoires de notre aventure en expliquant comment il s’est battu, seul, face au sable mouvant qui l’emportait. Comment il a rampé, comme le grand Bear lui a expliqué pour sauver sa vie…
Dans mes souvenirs, il m’a appelé d’un ton fleuri pour que j’arrive « plus vite que ça »…
Photo à l’appui, je vous prouve qu’il n’a pas sali son t-shirt. Mais bon c’est moi qui écris le blog et c’est lui raconte… je le laisse édulcorer.

Elle fait fondre des marshmallows, à l’ancienne sur un bout de bâton et rattrape l’enfance de ceux qui n’ont jamais vu des bulles se former sur du sucre moelleux et rosé autour d’un feu de camps. Attendre la cinquantaine pour cela, c’est garder de l’enfance pour plus tard, en réserve. C’est se faire des couettes pour aller au bureau ou marcher sur les pavés sans toucher les lignes.
C’est frais, irrationnel et délicieux.
La petite-grande Olivia reviendra plus tard dans la soirée pour nous offrir, ou peut-être seulement au séduisant frenchy courageux, un petit mouton en marionnette de doigt, pour nous porter chance tout au long de notre voyage.
Puis elle s’en va, nous laissant avec des grands qui ont la frivolité de l’alcool qui commence à parler pour eux. On parle de la vie, de notre expérience de baroudeurs, de notre futur. On se répète beaucoup. Les questions reviennent.
Une est plus sérieuse, rêveuse à demi mais du côté vide du verre.
-« Sans conséquences, si vous pouviez choisir un endroit où vivre, ça serait où ? »
-« Sur un bateau. »
-« Personne ne peut vivre sans travailler ! On peut savoir de quoi vivriez -vous ? »
Le tournant que prend la discussion commence à m’énerver. Elle tend la perche pour prêcher des sermons. Je n’ai aucune envie de me justifier. Nous ne sommes pas stupides, nous ne sommes pas frivoles. Le nomadisme ne va pas de paire avec une vie facile, une vie rêvée de délices dans la paresse. Bien souvent, pour les gens, il faut leur trouver les idées, les défauts et les régler pour eux.
-« Je ne suis pas bien. »
-« Tu pourrais faire ça. »
-« Oui mais il y a ça. »
-« Tu pourrais réfléchir à voir cela comme ça. »

Une cascade de « oui mais » qui se bouscule au pied du mur. Nous ne confondons pas le rêve avec la vie, nous faisons en sorte de réaliser nos rêves dans cette vie. Après, encore faut-il avoir des rêves et connaître ses besoins. Et c’est bien souvent cela qui pêche.

La soirée se termine

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