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Tekapo en dégradés

La nuit a été frigorifique, nous faisons des nuits en pointillés. Nous ne quittons pas Paul et Marie, nous nous séparons juste le temps de la route qui mène à la ville et au lac de Tekapo. Ils n’ont pas changé d’avis sur la sécurité.

On est pris par un homme aux cernes en rizières. Deux minutes plus tôt, il a fait demi-tour devant nous, dans un virage sans visibilité. Il est roux et fatigué. On se force à lui parler très régulièrement, de peur qu’il s’endorme. Le lac Tekapo endort un petit village du même nom où une petite église en pierre attire les mariés et les touristes. Les premiers se protègent des seconds en mettant des gorilles à l’entrée qui veillent à ce qu’aucun chinois ne vienne coller son visage contre les vitraux pour assister à l’office. Je suppose qu’ils ne veulent pas développer les photos du grand jour et apercevoir la tête d’un inconnu lorgner la mariée.

J’imagine.

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On se dandine ensuite dans une petite ascension jusqu’à atteindre l’observatoire de Mount John où la vue sur les plaines plates, entourées d’eau et pourtant désertiques nous sidèrent. Les couleurs et les détails de la Nouvelle-Zélande savent envouter avec subtilité.

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Le soir venu, un homme nous alarme de l’arrivée d’un cyclone sur le pays du long nuage blanc. Un cadeau du Vanuatu parait-il. Des vents à plus de 130kms/h sont prévus. Nous nous sentons soudainement fragiles dans notre tente. Il y a la peur du lendemain bien sûr mais aussi l’excitation puérile d’un danger qui semble effrayer juste assez pour exciter les sens mais ne pas inquiéter.

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Le vent commence à se lever soulignant le froid.
Nous nous empilons à quatre dans la tente pour un apéro collé-serré.

Le lendemain, le ciel est gris mais le vent est tombé. Les nuages qui bouchent l’horizon nous ont protégés du froid. Parenthèse de sommeil. Paul et Mary partent en avant, nous reprenons le stop avec l’inquiétude du cyclone Lucy qui doit débarquer. Le stop ne marche pas ce matin de dimanche et les nuages s’annoncent de plus en plus menaçants. Puis la pluie tombe. Nous sommes Moïsés* par un couple d’anglais qui nous conduisent à mi-chemin. C’est le moment de faire une pause au sec en regardant tomber la pluie sous un auvent.
Tekapo – Fairly
Fairly – Géraldine.

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A Géraldine, petite bourgade gourmande, nous nous arrêtons déguster chutneys et confitures. Puis, une nuit et quelques gouttelettes plus tard, nous commençons l’ascension du Mont Sunday qui nous fait l’honneur d’être au soleil. Quand nous arrivons au chalet pour y passer la nuit, nous sommes seuls. Et heureux. La soirée bières, chandelles, et Sixto Rodriguez près du poêle, englue la vie dans le moment présent.

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Le lendemain, une foule de jeunes en sueur arrive pour nous prouver que nous sommes de sacrés veinards d’avoir passés cette soirée dans l’intimité.

Ce deuxième jour de randonnée est embrumé rendant les toiles d’araignées encore un peu plus poétiques et les arrêts de bus des montagnes encore plus énigmatiques. Non, ne cherchez pas, il n’y a pas de routes qui passent ici.

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Christchurch se profile, nos jours ensemble se terminent. Nous partageons une dernière soirée au bord d’un lac, accompagnés de mauvais vin.

Marie est une bout-en-train. Un petit morceau de caractère aux mollets bien trempés. Elle aime faire des vocalises dans les pièces avec une bonne raisonnance, comme les chalets, par exemple. Elle ne plaisante pas avec la sécurité routière. Et a une coupe de cheveux qui déchire tout !

Paul est un grand brin amoureux. Il a été fasciné par la vie de Corto Maltese. Il n’aime pas être réveillé par les élans bruyants et musicaux de Greg. « Boooooooorn in the USAAAAA »

Ils nous prennent pour des warriors à dormir en tente sous la pluie et le froid, à manger ce qui tombe par terre, à faire oublier la douceur d’une douche chaude sur nos peaux et bannir le mot « auberge de jeunesse » de ce voyage.

Lors de l’annonce du Cyclone Lucy, ils nous demandaient
-Et si vous vous preniez trois jours de pluie non-stop, vous prendriez un hôtel ?
-Ca ne nous est jamais venu à l’esprit.

Trois jours de pluie consécutifs… nous ne nous doutions pas que ce ne serait qu’un échantillon de ce qui nous attendait sur l’île du Nord !

Les deux ne se connaissent pas depuis si longtemps que cela mais s’essaieront, pour sûr, à « Robinson ou la vie sauvage ». Comme cette dernière nuit l’a prouvée quand ils ont montés la tente à coté de leur van. Nous les reverrons dans le pays gaulois… si un jour ils reviennent de l’épopée Néo-Zélandaise.

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——– Photos en vrac——-

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*Le prénom Moïse veut dire « sauvé des eaux. »

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PARCE QU’ON A PAS LE MEME CIEL ETOILé

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