Yasur

marche

entrée

think

Pas besoin de guide, c’est le volcan le plus connu de l’archipel ni-van et le plus accessible au monde. Nous marchons trois quart d’heure, puis nous nous acquittons de l’obole que nous devons verser à la douane volcanique.  Une autre heure de marche plus tard, nous trouvons un panneau qui sonne comme une blague « Think Safety »…sans plus de conseil. Mais comme nous sommes tous volcanologues ( ah bon ?) nous comprenons les dangers et remontons sagement le chemin balisé.

Nous sommes excités.
Une explosion. Nous entendions des sons sourds depuis un moment déjà. C’est le cœur de la terre qui bat. Il résonne dans le nôtre.

C’est régulier. C’est profond

Nous ne comprenons pas tout de suite que le paysage lunaire sur lequel nous marchons est le cimetière des roches projetées par le volcan dans ses excès de fureur. Le sol en est recouvert.

caillou

rencontre

bordduvolcan

Un léger frisson vient à nous. Nous avons vu notre premier volcan sur Ambrym, le fait de recroiser son regard nous plonge dans l’impatience et l’humilité. Le sol vibre quand les grondements se font plus forts. Nous arrivons sur la première terrasse où la fumée qui sort du cratère nous empêche de mettre notre ouïe et notre vue en adéquation. Nous ne savons pas quand le volcan va expulser de nouveaux ses bombes brûlantes dans le ciel.

Les couleurs s’harmonisent avec le coucher de soleil. Nous sommes au-dessus de Tanna. La caldeira est moins impressionnante qu’à Ambrym mais nous pouvons saisir l’horizon.

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Le volcan n’est pas très haut, 365m. De type strombolien, l’activité de son cœur est différente d’Ambrym. Ce dernier bouillonnait alors que celui-ci explose. Il est alimenté par un réservoir de magma. Ce volcan reste particulièrement dangereux. Il a une vague d’activité tous les 20 mois environ et lors des fortes pluies, les panaches du volcan se transforment en pluie acide qui détruisent les cultures. On nous a raconté que les constructions en feuilles de palmiers résistaient mieux aux pluies que les constructions de tôles.

ns

Nous sommes sur le cratère.

On n’ose pas se rapprocher. Toutes les trois minutes, ce que nous ne voyons pas en son cœur vient à notre hauteur. Le volcan devient artificier.

Nous marchons sur la crête. Rien n’indique si cela est dangereux. Rien n’indique l’état du volcan, ce qui fait croire qu’il est presque ami. Dans nos civilisations hyper protectrices, hyper sécurisées, l’absence de barrière ou d’indication signifie la sécurité.
Il y a des accidents sur ce volcan.

allongé

Puis la nuit recouvre le cône énervé. Naturellement, la couleur de la lave n’est pas plus vive mais le contraste en devient saisissant. J’aurais envie de rester sur ce bord de volcan pour respirer en même temps que lui, en regardant les étoiles ni-vans. Des personnes accompagnant des groupes nous disent qu’il faut partir, que le vent se lève, que d’être près du cratère devient dangereux.

Allongée sur les lèvres brûlantes de la Terre, je pense à vous. C’est la première fois depuis que nous avons mis le pied sur cet archipel que je souhaite pouvoir partager en vrai, en corps et en émotions ce moment. J’aimerais que nous soyons assis,vous et nous,  sur ce volcan à le regarder se convulser. Je sais que vous aimeriez cela. Je sais que le bateau, les araignées, la marche, la chaleur, l’attente …n’auraient pas eu grâce à vos yeux, et à vos corps. Je sais que vous préférez pour beaucoup les lire plutôt que de les endurer.
Mais ce moment au bord du volcan Yasur, ce moment était pour nous tous.

Nous savourons encore…quelques minutes. Des heures. Cette lueur intimidante.

 

Pour voir une éruption de Yasur filmée par un drône…c’est par là. Cliquez

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One thought on “Yasur

  1. « Le bateau, les araignées, la marche, la chaleur, l’attente »… Et l’avion, Sarah ? Tu as oublié l’avion comme motif de sédentarité… Et les serpents, Yasur !

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