Omarama, premiers pas

Le jour se dégourdit dans quelques degrés lorsque nous commençons à tendre le pouce pour aller sur Queenstown. Un couple de gaulois nous accueille avec grande joie :
-« Ne nous dites pas que vous êtes français ! »
-« Oui. Navrés. On peut monter quand même ou vous avez changé d’avis ? »
A reculons, ils nous invitent quand même à monter.

Dans cette ville ultra touristique, nous faisons le plein de gras, de sel, de sucre … que de vilaines choses qui nous améliorent pourtant l’humeur dans cet environnement gris.
Nous marchons cinq kilomètres pour quitter les dédales de Queenstown sous un soleil qui, soudainement a décidé de nous griller. Lunatique météo.

Au carrefour d’une circulation chargée, une mère de famille partage sa voiture avec nous. Je me sandwich entre deux enfants, garçon et fille. Ah, quelqu’un a renversé sa gourde sur la banquette…
J’essaie de partager ma présence avec les deux. Et le petit bout me regarde d’un air déseperé :
-« Je suis trop fatigué pour parler. »
Une journée shopping avec maman pour choisir son uniforme de sa première année à l’école, on peut comprendre que le garçon soit éreinté.
Juno, elle, est pleine de vie comme un ressort tendre. Elle caresse, touche mes cheveux, demande que je joue encore, encore , encore … que l’on fasse parler tout ce qui se trouve dans cette voiture.
Pax se déride finalement lorsqu’on s’amuse à faire pousser des doigts dans la paume de ma main, les faire disparaitre et ré-apparaitre de nouveau. Il prononce avec moi le mot papillon quand finalement les doigts s’envolent par la fenêtre.

Nous sommes à Cromwell. Le paysage annonce un tournant.

Au réveil de sa sieste, un ébéniste nous prend dans son vieux van. Le toit abrite des toiles d’araignées et je me sens à l’aise comme dans le vieux J5 de mon père. Le soleil réchauffe à travers la vitre. Nous sommes bien.

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Un paysage nouveau s’arrache à la suite d’un virage. Sans prévenir, la région devient aride, dorée et doucement vallonée.

Des draps sont posés sur le corps des géants endormis. Il n’y a plus de forêts. Des petites boules vertes d’épineux ponctuent les collines. La terre est aride, presque lunaire à certains endroits. Les monts ont l’air doux et paisibles. On aimerait s’y arrêter un peu et respirer les saisons ici. La sécheresse, les quelques pluies et la saison des fleurs qui habillent les collines de camaïeux violets et jaunes. Je suis déjà anxieuse de quitter la Nouvelle-Zélande. Tout passe trop vite ! Déjà un mois et demi d’évaporé. La diversité, l’explosion d’intensité, laisse sans voix.

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La luminosité décroit, nous arrivons sur Omarama. Le ciel est d’un bleu parfait, sans vice. Au loin, on aperçoit quand même une coulée de nuages qui épouse parfaitement la forme des collines. On dirait une cavalcade crépusculaire. C’est comme de l’extasie concentrée sur les yeux, un instant insensé, puissant…magique. Lorsque l’on arrive au camp, il est déjà trop tard pour emprisonner cet instant sur photo. Je suis essoufflée d’excitation. Les montagnes désertiques s’imposent sur les collines flamboyantes d’un coucher de soleil. Avons-nous encore changé de pays ce soir ? Quelles frontières avons-nous franchies ? Le vent s’additionne, touchant à l’irréel. Les nuages s’approchent. La nuit s’installe.

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Au matin, nous ne voyons plus rien. Les nuages coupent l’horizon comme une guillotine.  

 

 

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